Les moscovites ont de drôles de mœurs. Certains immeubles possèdent des parkings gardés et fermés. Pour rentrer chez eux, ils s’arrêtent devant le portail du parking, et ils klaxonnent le gardien pour qu’il leur ouvre la porte. Et ce, à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. Malheureusement pour nous, on avait un portail juste à côté de nous. On a donc eu droit à des coups de klaxons toute la nuit.
Ils ont par ailleurs des systèmes d’alarme sur leur voiture qui démarrent dès que quelqu’un s’approche à moins de 50cm. Vous imaginez le carnage dans une rue étroite comme celle où on a dormi.
Bref, dès les premières lueurs du jour nous étions levés et prêts à rentrer au garage.

On explique notre problème à un responsable qui appelle de suite le fameux « motoriste ». Ils appellent par ailleurs un jeune qui travaillait aussi au garage et qui parle anglais. Il fera office de traducteur pendant toute la journée.
Le motoriste a l’air de vraiment s’y connaître. Dès qu’on démarre il part à l’arrière et met sa tête dans la fumée pour la sentir. Ensuite il regarde le moteur, l’écoute, accélère (en entrant la main par le capot avant… j’avais jamais fait gaffe qu’on pouvait accéder au mécanisme d’accélération depuis l’avant ! balaise le gars). Il nous pose pas mal de questions sur la façon dont le problème a démarré, depuis combien de temps il se produit, etc.
D’après eux, après quelques minutes à écouter le moteur et à analyser le truc, le problème serait lié aux injecteurs qui seraient encrassés. On leur parle de notre pompe à injection et du fait qu’on aurait roulé quelques temps sans bouchon de remplissage, mais ça n’a pas l’air de les troubler.
Ils nous font un premier devis pour démonter les injecteurs, vérifier la pression et les remonter. On accepte (de toutes façons, il faut qu’on le fasse pour avoir le cœur net). Ils en ont pour 3 heures environ, et nous disent de revenir vers 14h.

A toute à l’heure, Züüd.
Quand on sort du garage, on passe devant une magnifique sœur de Züüd, avec une superbe réhausse.

Bon, on a 3 heures à griller… trop long pour poireauter sur place, au garage. Trop court pour tenter une ballade dans le centre de Moscou. On décide de nous balader un peu dans le quartier.

les immeubles du quartier sont impressionnants ! Ca c’est les petits modèles, version 20 étages…
Ceux en construction sont beaucoup plus imposants !

30 étages pour ceux là.

46 étages pour celui-ci. Impressionnant.
La pluie vient interrompre notre belle balade, et on se réfugie au premier endroit accueillant que l’on trouve : le Macdo (décidément !).
On y restera jusqu’à 13h30, en profitant de leur connexion pour mettre à jour le blog et chercher quelques infos sur les injecteurs.
A notre retour, notre traducteur a une bonne et une mauvaise nouvelle à nous annoncer. La bonne nouvelle c’est que nos injecteurs sont horriblement encrassés et abîmés. Il se demande même comment on a fait pour arriver jusqu’ici. Ce serait donc ça l’origine du problème. La mauvaise nouvelle c’est qu’ils n’ont pas les aiguilles de rechange, et qu’il faut aller les chercher chez Bosch. Notre traducteur nous explique qu’on peut y aller par nos propres moyens mais qu’il pourrait très bien envoyer un chauffeur pour aller les chercher. Ensuite, il suffirait de changer les aiguilles, de les remonter et de faire les vérifications nécessaires et ça devrait aller beaucoup mieux. Nous sommes un peu rassurés par ce qu’il dit, mais restons quand même vigilants jusqu’au bout.
Le devis est presque doublé par rapport à ce qui avait été initialement prévu, mais si c’est réellement ce qui permettra de remettre Züüd d’aplomb, on est partants.
Cette fois il y’en a pour 3 heures pour récupérer les pièces chez Bosch, puis encore 3 heures de boulot pour les changements et réglages. On nous dit de revenir vers 20h (le garage ferme à 21h).
Cette fois on a clairement le temps d’aller faire un tour dans Moscou. Après avoir un peu étudié le plan du métro et les différentes possibilités de visite qui nous étaient possibles, on décide d’aller voir le Goum, cet immense galerie marchande située sur la place rouge que nous n’avions pas le temps de visiter hier.
En sortant du garage on trouve une clio « édition tiers-monde » (celles avec l’arrière façon berline – vous n’avez pas remarqué que dans tous les pays « en voie de développement » ils ont ce genre de véhicule introuvable en France ?) qui souhaitait devenir une version coupé (ça nous a fait penser à la pub de la 206 en inde…

le pire c’est qu’elle roule !

impressionnant
Sur la route en direction du Métro on croise deux jeunes filles qui parlaient Français. On les aborde et on discute avec elles jusqu’au Métro. Elles sont ici pour un stage de russe pendant un mois. Elles étudient le matin et en début d’après midi jusqu’à 15h, et ensuite l’organisme leur prévoit des visites de Moscou et des environs. Elles nous ont donné 2-3 tuyaux, notamment sur l’achat des tickets de métro : il parait qu’il ne faut pas dire bonjour, ni merci, mais juste dire le nombre de tickets souhaités. OK, ça rool !
Expérience unique qu’est un trajet en métro Moscovite. Les rames font un boucan d’enfer, bien plus important que dans le métro parisien. C’est simple : il est quasiment impossible de s’entendre parler dans le Métro, et sur le quai quand un train arrive.


les galeries sont décorées avec du marbre

Lustres et moulures au plafond


On a rencontré Daniel Craig, le dernier James Bond, qui faisait un trajet vers la place rouge…

et les tunnels sont vraiment profonds !
Au bout d’une petite heure de trajet (20 minutes de marche jusqu’à la station, et le reste dans le métro, avec un changement), on arrive enfin à la place rouge.
En sortant, on tombe nez à nez avec un drôle d’engin, appartenant apparemment à l’EDF local.

un Volkswagen LT 40 4×4 bien rehaussé. Sympathique.

Nous voilà enfin devant le Goum.
Ce magnifique bâtiment du 19ème siècle qui borde la place rouge était autrefois le symbole du shopping à la soviétique : files interminables et rayonnages vides, à l’exception de quelques articles miteux. Il a complètement changé depuis la Perestroïka pour se transformer en une galerie marchande animée avec moult boutiques de luxe.

devant une des entrées
A l’intérieur, le premier effet c’est « Wouah ». ça claque. Superbes verrière, très belle architecture.

vue d’en bas

et vue d’en haut. Impressionnant.
De nombreuses boutiques, principalement de luxe, sont implantées ici. Si on veut exister à Moscou, il faut avoir sa boutique dans le Goum.
Quelques marques françaises sont là aussi. Il y’avait même « Le coq sportif ».
Au rez de chaussée se trouve une superbe épicerie de luxe où l’on peut trouver des articles russes ainsi que de la nourriture en provenance du monde entier.

la déco est superbe
On se fait plaisir et on se prend quelques salades au rayon traiteur, pour la bouffe du soir.
Comme on n’arrive pas à choisir parmi toutes les salades, on prend 100grammes de plusieurs salades. On sent bien qu’on fait les relous auprès de la pauvre nana derrière le comptoir, mais c’est ça qui est bon !! ;)
En sortant on passe devant le mausolée de Lénine.
Pour la petite histoire, lorsque Lénine succomba à une crise cardiaque le 21 janvier 1924, à l’âge de 53 ans, une longue file d’admirateurs endeuillés attendit dans le froid pendant des semaines, pour lui rendre les derniers hommages. Inspiré par ce spectacle, Staline proposa que le père du communisme soviétique continue de servir la cause en tant que relique sacrée. Ainsi fut prise la décision de conserver sa dépouille pour la postérité, malgré les protestations de sa veuve et le souhait formulé par Lénine d’être enterré près de sa mère à Saint-Pétersbourg.
Chargés de stopper la décomposition naturelle du corps, le biochimiste Boris Zbarski et l’anatomiste Vladimir Vorobiov travaillèrent d’arrache-pied dans un laboratoire secret pour mettre au point la solution chimique miracle. Entre temps, les tâches de vieillesse de l’ancien dirigeant furent décolorées, ses lèvres et ses yeux cousus, et son cerveau prélevé et emporté dans un autre laboratoire secret où il allait être disséqué durant les 40 années suivantes dans l’espoir d’en découvrir le génie caché.
En Juillet 1924, les scientifiques trouvèrent la formule parfaite de conservation, considérée comme secret d’état. Elle fut transmise au fils de Zbarski qui dirigea pendant des décennies le laboratoire d’embaumement du Kremlin et la révéla après la chute du communisme : Le corps est lavé à intervalles de quelques jours, et tous les 18 mois, soigneusement examiné et immergé dans un bain de produits chimiques comportant de la Paraffine.
L’institut est aujourd’hui une entreprise commerciale qui offre l’éternité pour la modique somme d’1 million de Dollars.
Bon, bien sur avec notre chance, hier c’était la douche de Lénine, donc c’était fermé. Et aujourd’hui c’était ouvert que jusqu’à 15h.
Ça c’est fait.

de toutes façons les appareils photos doivent être laissés à l’entrée.
On prend ensuite le chemin du garage, par le métro comme à l’aller.
En arrivant au garage, notre traducteur vient nous voir avec une très mauvaise nouvelle. Ils ont changé les aiguilles des injecteurs, tout remis en place, et fait les réglages nécessaires, mais le problème reste le même. Ils pensent maintenant (comme l’avait dit le premier garage), que le problème vient d’une bague d’un piston qui serait usée et qui laisserait passer l’air ou le gaz d’échappement.
Les explications en anglais sont un peu compliquées, mais ils ont l’air convaincus que c’est ça le problème. Ils essaient de nous montrent sur la voiture quelques points qui leur font penser à ça :
- lorsque le moteur tourne et qu’on ouvre le bouchon de remplissage d’huile du carter, il y a des gazs d’échappement qui sortent de l’orifice de remplissage d’huile. Ce n’est pas normal.
- Le motoriste pose ensuite sa main sur la fumée qui sort de l’orifice de remplissage d’huile, et nous montre qu’il a des jets d’huile sur la main.
- Un autre truc qu’on a pas complètement compris aussi : ils ont débranché un tuyau à l’intérieur, apparemment une arrivée d’air quelque part. Quand il appuyait dessus avec le doigt pour le boucher (je pense), le moteur était proche du calage. On ne sait pas trop ce que ça voulait dire.
Mais en toute cas ils sont formels, les injecteurs étaient encrassés (ils nous ont laissé les anciennes aiguilles), mais ne sont pas à l’origine du problème. Je demande quand même s’ils ont vérifié le niveau d’huile de la pompe à injection, et ils me disent que le problème ne vient pas de là, et que c’est quelque chose qu’on remplit en sortie d’usine et qu’on n’y touche plus après…
Bizarre, mais bonh… c’est eux les spécialistes…
En tout cas, c’est un gros coup dur pour nous. Ils nous conseillent de rouler « doucement » pour rentrer en France. La réparation de la bague serait d’après eux quelque chose d’extrêmement coûteux, et il serait presque plus intéressant de remplacer complètement le moteur (si on en trouve un en bon état).
Maigre consolation : ils ne nous font pas payer le devis initialement prévu, mais uniquement les aiguilles achetées chez Bosch et la main d’œuvre au prix coûtant. On s’en tire pour 2 fois moins que ce qui était prévu le matin.
On repart du garage avec le moral dans les chaussettes… mais on remercie quand même toute l’équipe qui ont été super sympa avec nous et ont tout tenté pour Züüd…
On se trouve un coin qu’on espère un peu plus tranquille que la veille pour dormir, et on se fait une bonne bouffe du traiteur de l’épicerie luxueuse du Goum pour nous consoler.

On a à présent deux challenges de taille:
1) rentrer à Paris à temps, avec Züüd
2) remettre Züüd en état.