Mongolie 2009

Voyage en mongolie en fourgon aménagé

Archive de la catégorie ‘mongolie’

Un autre point de vue sur la Mongolie

Posté par ohad le 17 août 2009

En discutant par mail interposés avec un ami d’enfance actuellement en Mongolie, nous avons échangé nos points de vue sur nos expériences mutuelles de ce pays.

Il m’a gentiment autorisé à diffuser sur le blog un extrait de la discussion, aussi, voici un autre point de vue sur la Mongolie:

Salut Ohad,

En fait, je ne connais pas grand chose de la Mongolie car mon travail dans ce pays est très sédentaire et monopolise tout mon temps 7j/7j.
Le site où je bosse est situé en plein désert de Gobi. Mon travail se limite à l’exploration d’une zone de moins de 40 km de rayon autour du site principal où nous avons nos infrastructures.
C’est une zone désertique typique du Gobi avec de grandes plaines arides parcourues par des dunes de sable et encadrée par des reliefs mous surélevés de quelques centaines de mètres. Il y a là, quelques rares gazelles et ânes sauvages, chameaux, chevaux et chèvres d’élevage, lièvres, vautours, renards, hérissons, gerboises, insectes en tout genre (…) et des nuits étoilées de rêve.

Pour être clair, en touriste, la Mongolie c’est un très joli pays totalement dépaysant. Mais pour le travail, le tableau se noircit très vite : en campagne les infrastructures du pays sont totalement pourries et dépassées. Aussi, quand il faut trouver des crayons et du papier de qualité c’est une vraie misère, car tout est importé de chine à des prix défiant toute concurrence (quand on sait en plus que les mongoles détestent cordialement les chinois, on devine le désastre qui s’augure). Le climat est
particulièrement dur (été très chaud et sec avec de fréquents vents de sable, hivers très froids avec du blizzard). Il nous est par exemple impossible de travailler en campagne durant l’hiver (les huiles de moteurs gèlent !) et, du coup, nous vivons dans le terrible smog d’UlaanBaatar (parfois au petit matin on y voit pas à plus de 200 m tellement les fumées de charbon sont épaisses) durant 3 mois de l’année. Ce smog pique fortement aux yeux et au nez, pour ne pas parler de ce qui se passe dans les poumons!
Le mongol est une langue impénétrable truffée de sons incroyables, aussi sans cours de langue intensifs, impossible de communiquer techniquement sans interprètes. C’est parfois terriblement emmerdant quand l’interprète est de mauvais poil.
Autre difficulté : le nationalisme. Voilà encore un fléau que tout pays connait, et qui en Mongolie s’applique à la perfection. Propagande militaire rampante, diffusion d’images mégalomanes de Gengis Khan un peu partout (tu connais ça je crois !), répétitions en boucle de scènes traditionnelles mongoles à la télévision et cerise sur le gâteau : xénophobie en ville. C’est souvent en fin de soirée, à Ulaanbaatar, quand tout le monde est bourré à la vodka que les pensées profondes de tout un chacun
ressurgissent et vous frappent au visage ! Et ça peu réellement faire mal.
Voilà un autre sujet désagréable : l’alcoolisme à la vodka. Comme si le pays n’était pas assez défoncé, il faut encore qu’une bonne proportion de ses habitants se biture à l’un des alcool les plus foudroyant que je connaisse !

Bref j’arrête là la décente aux enfers. Pour revenir à un fait essentiel : les paysages de la Mongolie, pour ce que j’en connais (c’est à dire très peu), sont effectivement fabuleux tant ils sont vastes et dépaysant. Tandis que la faune y est encore assez bien préservée (de ce point de vue là, le nord de l’Afrique est en comparaison totalement ravagé). Les nomades mongoles sont généralement des gens remarquables par leur simplicité et leur mode de vie typique, il y a des moments magnifiquement intemporels à
partager avec certains d’entre eux.

Oups, il faut que je me remette au travail.

A bientôt

2009-08-07 Erdenet – Altanbulag

Posté par ohad le 9 août 2009

Réveil en douceur ce matin, au doux bruit des claxons et autres moteurs… C’est qu’on s’est garés en plein cœur d’Erdenet.

Erdenet est la deuxième ville de Mongolie en terme de population, mais elle la devance largement pour tout ce qui concerne les infrastructures et le modernisme. La voirie est en très bon état, les panneaux de signalisation sont bien présents, les feux fonctionnent (et indiquent même le nombre de secondes avant le prochain changement). La plupart des immeubles semblent en bon état, et on capte du wifi dans les rues…

La ville a en fait été construite par les Russes, et cela se ressent, même les fameux pipelines d’eau / gaz sont là.

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Malheureusement on n’avait pas trop le temps de traîner pour découvrir la ville, juste quelques minutes pour aller acheter du pain frais à la boulangerie, et passer à la poste pour envoyer les dernières cartes…

Nous voilà pour la dernière fois sur les routes mongoles. Cette fois c’est bien de la route goudronnée sur tout le trajet entre Erdenet et la frontière à Altanbulag. Environ 300km de bonne route goudronnée.

Les moutons sont toujours aussi réactifs, même sur le bitume…

Sur la route, on passe devant quelques zones industrielles et minières.

Certaines ont installé des statues bizarres à l’entrée.

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c’est assez grand en fait

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Le temps n’est pas vraiment avec nous… il pleut par intermittence, et le ciel est bas. On passe devant un petit lac où des animaux s’arrêtent pour boire.

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Vers 14h30 on s’arrête à Sukhbaatar, l’avant dernière ville avant la frontière, pour manger un dernier repas mongol. On pioche dans la carte au hasard, et on tombe sur deux belles assiettes avec de la viande de yak et des légumes.

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Moi j’ai été particulièrement chanceux, j’ai eu beaucoup de viande

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et beaucoup de gras

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Allez, une dernière photo en Mongolie

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allez, cassez vous les moutons ! 😀

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On arrive à la frontière vers 16h45 sachant qu’elle ferme à 19h. Il y’a une dizaine de voitures devant nous. Le portail ne s’ouvre que très rarement. Un policier mongol nous demande nos passeports une première fois puis nous indique qu’on doit attendre.

Pendant qu’on attend, un mongol qui fait du change vient blablater avec nous… Il nous montre sa collection impressionnante de billets du monde entier!

On arrive à 3 voitures devant le portail… il est déjà 17h45. Je descend parler au policier pour lui demander pourquoi certaines voitures arrivent à s’incruster devant les autres (surtout un Russe avec une belle mercedes qui a dépassé tout le monde et s’est mis devant le portail). Le policier m’explique que la frontière est maintenant fermée, et qu’il faut revenir demain. Je commence à lui expliquer que ça va pas être possible, car nos visas mongols expirent aujourd’hui… Il compte le nombre de jours avec moi, puis appelle un chef au talkie… Le chef arrive et vérifie les passeports. Il part et revient une demi heure plus tard en nous autorisant, nous, et les 3 voitures devant à passer.

On passe ensuite au contrôle de la douane. Remplissage d’un premier formulaire, puis on avance à un autre bureau. Re-contrôle de la douane, contrôle des passeports, vérification (très light) de la voiture puis tampon sur le papier de la douane. On nous dit de nous dépêcher car la frontière Russe va fermer… On arrive à la dernière barrière mongole. Le douanier demande qu’on paye à nouveau l’assurance pour la voiture. Poupoussy arrive à lui expliquer qu’on l’a déjà fait à l’entrée (ouf… sinon c’était 4000 Roubles…).

La frontière s’ouvre, ça y’est, on n’est plus en Mongolie.

On fait 20m et on s’arrête devant la frontière Russe, fermée.

La dame dans sa boite nous fait comprendre que c’est terminé pour aujourd’hui. J’essaie de négocier mais elle ne veut rien comprendre. Je lui fais comprendre que dans ce cas on va dormir devant la frontière Russe, et elle m’explique que ça va pas être possible. Elle n’a pas trop l’air de déconner, et les militaires sur les mirador aux alentours nous dissuadent de jouer les rebelles…

On fait demi tour et le garde monol nous ouvre à nouveau la porte de la Mongolie. On lui explique la situation, et il nous dit qu’on doit sortir de la frontière et revenir demain. La on refuse, et on lui explique qu’on va dormir sur le parking de la frontière… on insiste, et finalement il craque et nous laisse nous garer à côté de quelques voitures (épaves) du Mongol Rally.

On va tenter notre chance à nouveau demain matin… mais nous allons passer la nuit dans le No-man’s land entre la Russie et la Mongolie 😀

Quelques gardes mongols nous rendent visite sur le Parking. On les fait monter et visiter Züüd. L’un d’eux ayant abusé des Kushuurs nous explique qu’il ne pourrait pas se doucher dans notre salle de bain 😀

Une petite heure plus tard, on surprend deux gardes ouvrir le capot d’une des voitures du Mongol Rally pour y prendre la batterie… intéressant…

2009-08-06 Ih-Uul – Erdenet

Posté par ohad le 9 août 2009

Nous nous étions fixés un objectif ambitieux pour cette journée : atteindre Erdenet en contournant Bulgan. Ambitieux car nous avons perdu pas mal de temps avec les divers problèmes mécaniques, la pluie, la boue, et la remontée depuis le lac de Hovsgol.

Et le contournement de Bulgan était voulu pour éviter les nombreux travaux sur la route principale.

On avait donc une centaine de kilomètres à faire sur la route principale, puis nous devions la quitter pour faire un grand tour sur les pistes secondaires.

En début de journée nous avons rencontré deux minivan Uaz remplis de Français. Ils n’en revenaient pas de voir débarquer une voiture immatriculée 75 :smile: . Des Parigos en Mongolie 😀

On tape un peu la discute puis on repart car le programme est chargé.

Sur la route un camion qui a du glisser dans la boue et a perdu une partie de sa marchandise

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Un peu plus tard, on s’arrête au bord d’une petite rivière pour « faire tourner une machine à laver » :smile: .

On en profite aussi pour verser l’huile restante d’un bidon qui fuit (et qui nous a bien dégueulassé le fond de la cantine) dans un autre bidon d’huile.

A côté de la rivière habite une famille. D’abord ce sont les enfants qui viennent nous voir, puis doucement c’est toute la famille qui est autour de Züüd à regarder Poupoussy faire la lessive et moi transvaser l’huile…

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On commence à « discuter » un peu. On donne des petits jouets aux enfants qui semblent ravis

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Poupoussy a failli adopter la petite

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Le papa et la maman sont là aussi

La maman nous amène une assiette remplie de plats mongols. On a reconnu les Khushuurs, le fromage tout sec, mais il y’a aussi une espèce de pâte beurrée un peu sucrée, vraiment délicieuse.Elle a appelé ça « Tost », ou un truc comme ça…

On leur montre quelques photos de Paris sur des cartes postales qu’on a amenées. Puis on est invités à visiter leur Ger. Cette fois ils acceptent qu’on la prenne en photo, et sont même ravis qu’on s’intéresse tant à leur maison.

Vue d’ensemble de la ger

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Au centre, le fameux poele qui sert de chauffage et de cuisinière

A gauche, de la viande qui pend au mur

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En face quelques meubles de rangement

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à droite, le lit

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Ils tenaient absolument à faire une photo avec nous

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Vue de l’extérieur

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La famille élève des moutons et des vaches

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à l’intérieur de la Ger on nous offre du « tsaï » (le thé salé mongol), ainsi qu’un espèce de biscuit sec. Grâce au Phrasebook on arrive à communiquer et à se faire comprendre sur notre et leur age, métiers respectifs, nombre de moutons / vaches, composition de la famille, etc.

Les échanges sont sincères et tout le monde semble ravi.

On repart au bout d’un long moment en promettant d’envoyer les photos (il nous reste à espérer que le facteur arrivera à déchiffrer l’adresse… il y’a des « ? » à la fin de chaque ligne !!)

Après quelques kilomètres on s’arrête après avoir entendu un bruit suspect sous la voiture.

En regardant on s’aperçoit qu’on a perdu le silent bloc de la barre stabilisatrice. Pour ceux qui ne s’y connaîtraient pas (j’en faisais partie il y’a encore quelques mois), il s’agit d’un bout de caoutchouc qui maintient la barre stabilisatrice – le truc qui évite qu’on tombe sur le côté dans les virages – en place, et qui évite que ça fasse « cling cling » à chaque bosse…

Bref, le Silent Bloc s’est volatilisé, sûrement emporté par les bosses, et du coup ça fait pas mal de bruit à chaque bosse…

Je tente une réparation à la Mc-Guyver avec une lanière en caoutchouc que j’avais amené « au cas où » (YAISSE).

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le résultat semble pas mal du tout… ça tient.

En fait, ça a tenu environ… 30 minutes… et après le bruit est reparti… On va essayer de trouver la pièce en Russie.

On a aussi scotché (merci Caroline 😆 ) une fenêtre latérale qui commençait à vibrer un peu… il faudra la recoller…

Une fois nos 100km de piste principale effectués, on bifurque vers la piste secondaire. Ce qu’il y’a de bien avec les pistes mongoles, c’est que quand il y’a une bifurcation, si jamais tu as oublié de la prendre, tu peux être sur que quelques centaines de mètres plus loin tu auras un itinéraire bis qui rejoint cette piste. Quelqu’un avant toi s’est déjà planté et a créé cet itinéraire…ça laisse le temps de voir sur le GPS qu’on s’est plantés et qu’il faut tourner !

La piste secondaire nous fait traverser des paysages magnifiques

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Ce qui est d’étonnant en Mongolie, ce sont les distances complètement hallucinantes que l’on peut voir. Parfois après un col on peut voir des villes situées à plus de 30 kilomètres…

Vers 17h30 on arrive au niveau d’une très large rivière. Sur le GPS il est indiqué qu’on peut la traverser à cet endroit, mais on ne trouve pas de pont… On demande à deux jeunes filles dans le village, et elles nous indiquent la direction.

Sur place, on découvre un bac, et non pas un pont.

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Il n’y a pas grand monde… juste une Uaz et nous (et 2 motos).

Pour monter sur le bac, il faut emprunter une petite rampe, mais qui nous fait d’abord passer dans l’eau.

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la montée est relativement facile

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C’est à la redescente que les choses se compliquent.

La rampe descend assez raid dans l’eau, puis remonte très raid au niveau de la berge.

Le premier coup j’y vais prudemment, sans prendre de l’élan, et ça coince à la remontée.

Le deuxième coup, avec plus d’élan, ça passe mieux…

On passe ensuite près de belles falaises

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Plus tard on arrive au niveau d’un passage à gué qui nous semble bien profond et vaseux… un très petit pont a été construit à côté, et on voit que des voitures sont déjà passées dessus (traces dans le sable). On a le choix entre tenter le passage à gué et s’embourber, et tenter le passage sur le pont en espérant que ça passe et que le pont ne casse pas.

On tente le pont

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Züüd passe au millimètre près… ça grince un peu, mais en y allant très doucement, on passe de l’autre côté avec succès… Ouf

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On continue notre piste secondaire fabuleuse. Elle se transforme au fil des kilomètres… on a maintenant droit à une piste de sable dans d’immenses champs d’herbes hautes

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Puis à des passages dans la forêt

ainsi que quelques passages à gués sympathiques

On arrive à enfin à Selenge vers 20h. Enfin, sur la rive opposée à Selenge. Il ne nous reste que la rivière à traverser… On cherche le pont, sans succès. On demande aux villageois comment traverser, et là c’est le drame. Le pont serait à 30km de là… bizarre, le GPS nous indique un passage pas loin… les villageois sont formels… pas de passage plus proche que celui à 30 km.

On décide de ne pas baisser les bras. On s’est fixé un objectif, et on va s’y tenir (l’idée en fait c’est de n’avoir plus que de la route goudronnée à partir de demain… c’est le dernier jour de validité de notre visa Mongol, et on veut arriver à la frontière pas trop tard. On continue donc notre route pour les 30 km restants. Une fois le fameux pont franchis, on continue encore jusqu’à Erdenet. Les derniers 35 kilomètres sont faits complètement dans le noir… Soudain les lumières de la ville apparaissent… il est 22h30, objectif atteint.

On se finit au Khan Buuz, le Macdo mongol (uniquement des plats traditionnels mongols) et on dort au centre ville.

2009-08-05 Khatgal – Ih-Uul

Posté par ohad le 9 août 2009

Journée carnage.

Ça avait pourtant bien commencé. Avec des marmottes très curieuses de la présence de Züüd sur leur terrain de jeu. Il y’en avait une notamment qui s’est rapproché très près…

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Pour faire cette photo on n’a pas respiré pendant environ 10 minutes 😆

Après, elle est repartie vaquer à ses occupations : creuser des trous !

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Quelques minutes plus tard, pendant que nous prenions le p’tit dej, une jeune fille mongole est venue nous rendre visite. Elle était curieuse de la voiture garée à proximité de sa ger. On lui a fait une petite visite, et on l’a invité à manger avec nous.

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La discussion était un peu difficile vu notre manque de vocabulaire, mais avec le langage des signes et un peu de mime on a réussi à nous comprendre.

Une fois que tout était rangé, et que nous étions prêts à partir, on l’a ramené en Züüd jusqu’à sa ger. Elle était toute contente, et est sortie de la voiture en courant pour ramener toute la famille pour une visite. Du coup on a eu droit nous aussi à une visite de leur ger. Enfin !

Malheureusement ils ne voulaient pas qu’on prenne de photos, mais c’est exactement tel que l’on l’imaginait : un four au centre, sur lequel étaient posés des casseroles avec du lait. Des lits sur les côtés, de minuscules tabourets pour s’asseoir autour du four, de petits meubles pour les rangements, le côté cuisine à droite de la porte d’entrée, avec notamment une tête de mouton fraîchement tué, et une bassine avec ce qui semblait être du lait caillé, dans lequel ils ont chopé une petite brebis qui était en train de se régaler qu’ils ont foutu dehors…

Du fromage encore mou sur une table sur le coté de la ger.

La famille veut nous donner des baies rouges. Celles qui servaient à faire le jus. Apparemment ça se mange aussi comme ça… on en prend quelques unes, mais pas beaucoup, histoire de ne pas gâcher.

On reprend la route dans le sens inverse, en direction de Moron.

On s’arrête rapidement pour bloquer le silencieux du pot d’échappement. En effet, depuis qu’on a perdu le tuyau arrière, il n’est tenu que par un côté… Il ballote un peu trop à notre goût, du coup on le fixe avec…. Suspens… du fil de fer 😀

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Sur la piste on recherche notre morceau de pot d’échappement disparu, mais sans succès. Il faut dire qu’on peut l’avoir perdu sur 90km de pistes mongoles, soit 90 x le nombre de pistes possibles, ce qui est potentiellement énorme.

On croise à nouveau nos sauveurs de la veille, Yann et Valérie, dans leur gros 4×4. On échange emails et adresses de blog, et on les suit jusqu’à Moron, où on les perdra dans les ruelles…

Arrivés à Moron on refait le plein d’eau, puis on retire un peu de liquide à la banque. Sur le parking de la banque, un couple d’allemands s’approche de nous après avoir vu notre voiture.
La raison pour laquelle ils nous accostent est simple : ils ont le même modèle, mais en 4×4 !!!

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Le monstre !!!! je veux le même !!!!

Comme il est beau leur camion ! On bavarde camion, piste, aménagement, pièces détachées, homologation pendant une petite heure.

Une petite photo de famille :

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A gauche, le grand frère, à droite, la p’tite sœur !

On passe ensuite au Telecom Office pour mettre à jour le blog. Internet à Moron c’est leeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeent ! Quelle horreur ! plus de 2 heures pour uploader les photos… avec des déconnexions tout le temps… des moments où ça marche un peu, puis hop, ça plante à nouveau… Une très bonne expérience pour celui qui veut tester son seuil de tolérance et de patience…

Après le cyber, on passe à la poste pour acheter une dernière carte postale (Géraldine, si tu m’entend :whistle: )

Quand on sort de la poste, le temps a radicalement changé. Alors qu’au matin il faisait grand soleil, un orage se prépare…

En fait, la limite « beau temps / orage » se situe à l’entrée de la ville, dans notre direction. Et on dirait que les nuages vont dans notre sens ! Doh !

Vers l’avant :

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Vers l’arrière :

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On prend donc l’horrible piste entre Moron et Bulgan. Au programme, tôle ondulée, grosses bosses, cailloux, boue, flaques d’eau géantes (il a plu les précédents jours ici, c’est sur)…

C’est encore plus difficile qu’à l’aller…

Tellement difficile que le chiotte chimique décide de se renverser… je vous épargne les détails du carnage, mais c’était Hardcore.

On profite de notre arrêt pour changer l’emplacement de notre roue de secours car son poids et les vibrations font trop travailler la carrosserie…

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Quelques kilomètres plus loin, on comprend que le protège carter a rendu l’âme. Il a du nous rendre un grand service en absorbant un choc avec un caillou ou un bout de piste un peu plus haut que les autres, mais du coup il est complètement tordu maintenant, et on l’entend vibrer tout le temps. On va sûrement le décrocher demain…

On s’arrête en sortant de la piste en en montant un peu sur la colline.

Belle récompense pour cette journée exténuante : un coucher de soleil et un lever de lune comme on n’en avait jamais vus…

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2009-08-04 Lac Khovsgol – Khatgal

Posté par ohad le 5 août 2009

Nous avons profité de la quiétude du lac de Khovsgol pour faire une grasse mat’ au doux bruit des cris des mouettes. L’endroit est vraiment magique. Les arbres arrivent presque jusque dans l’eau. La piste est très étroite, aussi il n’y a pas beaucoup de passage. On a du avoir 2 voitures de la matinée. On croise quelques touristes qui font des treks à cheval, soit autour du lac, soit dans la réserve protégée à côté.

Le seul problème c’est qu’il fait affreusement froid (13°), alors pour se baigner c’est pas le pied. Du coup on (enfin, surtout poupoussy) profite de la matinée pour ranger un peu la voiture.
Quelques photos du lac depuis notre bivouac

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l’eau est super propre. Les gers camp à côté la pompent directement pour la boire.

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Vers 13h on décide de reprendre la route vers Khatgal. On a fait environ 40km depuis Khatgal jusqu’à notre bivouac au bord du lac. On veut les refaire dans l’autre sens pour être prêts à partir dès demain en direction de la frontière.

Après 2 km on se rend compte que Züüd fait un peu plus de bruit que d’habitude. On descend de la voiture et on se rend compte avec stupeur que le tuyau d’échappement arrière a disparu !!! Le bruit n’est pas énorme car le silencieux central est toujours là. En regardant les photos de la veille, on voit qu’on l’avait toujours quand on a coupé à travers la montagne la matin en partant de Moron, mais qu’on ne l’avait plus en arrivant à Khatgal, quand on a fait les photos du lac depuis le point de vue en hauteur. Et je me souviens n’avoir rien vu de spécial après la guanz du midi, quand j’ai fait une micro inspection de Züüd au bord de la route, après avoir entendu un bruit de caillou un peu plus fort que les autres…
Bon, on va rouler comme ça jusqu’à ce qu’on trouve une solution.

Le temps se gâte et il commence à pleuvoir doucement. On prend quand même quelques photos sur la route.

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par endroits, une petite digue protège la côte.

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de petites plantes qui poussent dans l’eau

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2 yaks qui discutaient au bord du lac

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un autre

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encore un. J’adore sa coupe de cheveux !

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super tendance !

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le temps est toujours couvert

On arrive à une vingtaine de km de Khatgal. La piste principale étant en travaux, on est dévié vers un itinéraire bis. A l’aller, déjà, la descente était bien glissante, et on avait descendu tout doucement. Mais à la montée, ça devient chaud les marrons ! surtout avec la pluie qui a rendu la piste bien boueuse.

On monte une partie de la piste, mais à un moment on sent que ça ne passera pas. On s’arrête sur le bas côté, et on voit passer une camionnette qui tente de monter en force…et … s’embourbe comme une n00b.

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Allez, tout le monde descend et pousse !

On va quand même voir sur place à pied ce que ça donne, mais c’est vraiment la misère… de la boue bien glissante partout, aucune possibilité de poser une roue sur des cailloux…

On se dit qu’on va faire demi tour et qu’on va tenter de monter sur la piste principale (tans pis pour les travaux… c’est ça aussi la Mongolie).
On repart dans l’autre sens, mais au moment de remonter sur la piste principale, la pluie redouble d’intensité, et la montée qui nous semblait jouable tout à l’heure devient une vraie patinoire. On s’arrête en plein milieu, dans la gadoue, impossible d’aller plus loin.

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on a pas l’impression sur la photo, mais ça monte sec là.

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et ça c’est ce qu’on a déjà réussi à monter, sauf que maintenant ça ressemble à une rivière !

On s’arrête donc en plein milieu de la pente. On cale nos roues avec de gros cailloux, et on se dit qu’on va attendre que la pluie cesse pour voir comment ça évolue. Au pire, on peut toujours dormir ici, et reprendre demain matin quand ça aura un peu séché.

Pendant qu’on attend, on voit deux petites camionnettes japonaises tenter la montée sans succès.On se dit qu’on a bien fait de nous arrêter la.

Au bout de quelques minutes, un gros 4×4 passe à côté de nous. Je sors de la voiture et lance un petit « hello » au touriste qui était sorti du 4×4.
Il me répond par un « Dou You Niiide Hèlpe ? ».
Moi : « Yes, where are you from ? ».
Lui : « France »
Moi : « Bon, ben on va continuer en Français, alors ! »

Bref, ils étaient 2 français dans le 4×4, avec leur chauffeur et leur interprète. Après leur avoir expliqué la situation, ils ont demandé au chauffeur s’il pouvait nous tracter en haut de la côte. Le chauffeur accepte, et le voilà qui enfile d’énormes bottes en caoutchouc, et qui sort son câble de traction. Il se met devant nous, attache le câble, et nous sort de ce mauvais pas. En fait il nous a été utile sur les 5 premiers mètres. Une fois lancée, Züüd a tout grimpé toute seule (le câble était détendu). Malheureusement, pas de photos ni de vidéo sur ce passage héroïque, on était tous les deux trempés jusqu’à l’os, et plein de boue.

Une fois lancés, on a continue sur la piste dans la forêt, tandis que nos sauveurs aidaient les deux autres camionnettes japonaises à passer la montée.

Dans la forêt aussi, la piste était transformée en patinoire
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Une fois ce passage difficile derrière nous, on décide d’attendre nos sauveurs.
On les retrouve quelques minutes plus tard, et on leur propose de leur offrir un verre pour les remercier. On les suit jusqu’à Khatgal sur les pistes en état lamentable.

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La piste est transformée en rivière

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en ville c’est pire. D’énormes flaques d’eau dans les rues

On s’arrête dans un café et on boit un « tsaï » (thé mongol salé) à la santé de nos amis, accompagné de quelques Buuz.

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Dans la table d’à côté, un autre groupe de Français préparent un trek d’une semaine à cheval autour du lac. On sympathise avec l’un d’entre eux qui nous raconte qu’il est venu en Mongolie pour apprendre la technique du chant de gorge. Il a déjà eu 3 professeurs en 1 mois en Mongolie, dont 1 dans le village où le chant de gorge a été inventé. Super intéressant le gars.

Plus tard on décide d’aller manger un morceau après cette journée un peu spéciale. On trouve un petit resto ouvert.

Devant le resto :
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déco zen 😀

D’ailleurs, dans tous les resto ou presque on a vu ce meuble à l’entrée : une espèce de lavoir à mains, où ils mettent une bassine en dessous et ils mettent de l’eau dans celle du dessus pour qu’on puisse se laver les mains avant de manger… marrant

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La carte propose du chocolat chaud. Tient donc… on va tenter ça…
Mauvaise pioche… il s’agit d’une poudre que la dame a mis dans de l’eau chaude… sans lait… Heureusement qu’on a la voiture à côté :whistle:

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remarquez ma tasse… le manche c’est surfait…

Par contre, sur le plat, elle a pas déconné la gérante… Un énorme plat de pâtes « frites », avec viande de mouton et pommes de terre… un délice !
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Pendant qu’on mange, on rencontre un autre couple de français (décidément !!) qui voyagent  « à la roots », et étaient de passage au lac. L’endroit est décidément très touristique.

On repart la nuit tombée, et on se cherche un endroit pour bivouaquer. Finalement ce sera à quelques mètres de la piste principale… c’est déjà compliqué de trouver la piste avec toutes ces flaques d’eau, alors on n’a pas envie de s’embourber de nuit et de rester coincés là jusqu’à demain…